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Le numérique consiste encore essentiellement pour les entreprises à gagner en efficacité et à réduire les coûts, plutôt qu’à faire évoluer leur activité selon le baromètre CIO de CSC. Cela n’interdit cependant pas d’innover et permet en outre à la DSI d’apporter de l’expertise aux métiers.

Pas une conférence qui n’aborde, avec plus ou moins d’opportunisme, le sujet de la transformation numérique. Le thème est tendance. Il s’agit pour les entreprises d’être à la page – enfin pas seulement. Une aubaine pour les fournisseurs IT.

Mais concrètement, les entreprises ne retiendraient-elles pas seulement la dimension numérique, en négligeant la transformation ? Selon le dernier baromètre CIO de CSC, la priorité est clairement donnée à l’efficacité ou amélioration opérationnelle. Plus une évolution qu’un bouleversement comme la transformation le suggère ?

Le numérique pour surpasser les concurrents ? 10%

“Plus de la moitié des sondés (54 %) déclarent se digitaliser afin d’améliorer leur efficacité (par exemple, via des outils facilitant les tâches quotidiennes de leurs employés)” observe CSC. L’adoption de solutions comme Office 365 ou G Suite peut s’inscrire dans cette quête d’efficacité.

Suffit-il pour autant de déployer une suite Cloud pour se prétendre engagé dans une transformation numérique ? Sans doute pas. Ces produits, comme de nombreux autres, peuvent malgré tout constituer une première étape en ce sens, en modifiant ainsi les modes de travail et en favorisant la collaboration. Il faudra cependant d’autres évolutions.

Autre objectif majeur du recours au numérique : la réduction des coûts, une priorité pour 35% des répondants. Cette quête n’est pas nouvelle et figurait au rang des missions prioritaires des DSI avant même que le numérique ne soit incontournable dans le débat. Difficile dès lors d’y voir une volonté de transformation.

Quid des bouleversements et de la transformation de la relation avec les clients, l’écosystème et du business model ? “À peine plus d’un quart se tourne vers le digital pour rester au contact de nouveaux entrants purement digitaux, et 10 % seulement misent sur la technologie dans le but de surpasser leurs concurrents” répond l’étude CSC.

Et ce n’est sans doute pas un hasard si les CDO n’ont pas poussé vers la sortie les DSI, mais tendent généralement à travailler de concert avec eux. La raison est simple. “Une transformation numérique ne se fait pas sans le système d’information” comme l’expliquait récemment le CDO d’AccorHotels, Vivek Badrinath.

Le DSI n’a pas été éclipsé. Le baromètre évoque lui “un recentrage sur l’industrialisation”. En outre, “une majorité des sondés ont une forte confiance dans la DSI pour aider l’entreprise à réaliser ses objectifs.” Ce besoin d’industrialisation peut d’ailleurs expliquer la priorité donnée à l’efficacité et à la réduction des coûts – économies souvent réalisées sur le legacy pour financer les nouveaux projets dans le numérique.

Et comme le rappelait l’ancien DSI des Mousquetaires, Georges Epinette, il ne faut pas perdre de vue la création de valeur générée. “Il faut faire très attention car on est en train d’arriver vers une sorte de ‘commoditization’ de la chose numérique.”

“Regarder chaque projet par la valeur”

L’arbitrage par la valeur s’opère également au sein de la Société Générale, comme le rapporte son nouveau directeur des infrastructures informatiques. Carlos Goncalves parle ainsi de “frugalité dans le portefeuille de projets.”

Et cela signifie de “regarder chaque projet par la valeur et s’assurer que chaque projet fait du sens d’un point de vue valeur pour la banque et pour le client.” Cette approche peut aboutir à “tuer des projets”, mais aussi “au sein d’un projet, de dire ce qui apporte de la valeur ou pas (…) Se donner cette discipline de regarder la valeur du projet permet de réduire les coûts” précise-t-il encore.

L’efficacité et l’innovation ne sont ainsi pas antinomiques, la première accompagnant la seconde et constituant l’apport de la DSI aux projets. Et pour accompagner la mise en œuvre d’innovations, Carlos Goncalves met également en avant le DevOps au travers du Continuous delivery, et le Cloud.

Le CDO d’Engie, Yves Le Gelard, rejoint cette analyse sur le Cloud. “Nous n’avons pas exploité tout le potentiel du Cloud” reconnait-il. Et pourtant, la stratégie IT dans ce domaine, c’est d’être “Cloud first”.

Budgets : pas de protection des territoires

Mais la DSI n’est pas seule à faire ce choix, voire plus largement à contrôler les budgets. En effet, selon les résultats du baromètre CIO, 48% des répondants déclarent que les budgets se répartissent au niveau des directions opérationnelles.

“Dans beaucoup d’entreprises, la DSI continue à gérer globalement les achats et l’intégration des systèmes, mais les métiers achètent de plus en plus de services dans le cloud, notamment, sans impliquer l’informatique.”

Faut-il y voir un risque ? Pas sûr. “Il est bien que d’autres que l’IT parlent d’IT. Les métiers doivent parler d’IT. La DSI n’a pas a être là partout et tout le temps. Elle doit intervenir aux bons moments, pour passer à l’échelle, en apportant de l’expertise (…)” juge le DSI d’Air Liquide, Laurent Dublanchet, qui met par ailleurs en garde contre une attitude qui consisterait à protéger des territoires.

 

 

Edité par Christophe Auffray, Journaliste

Source : zdnet.fr

One thought on “Transformation numérique – La quête d’efficacité prime sur la conquête

  • 22 février 2017 à 11 h 57 min
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    Coucou,
    C’est très intéressant comme article. Je compte le partager à mon travail et j’espère qu’on adoptera cette pratique. Ce sera une solution intéressante pour faire des économies et améliorer nos performances par la même occasion.
    A+

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