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La transformation numérique offre des opportunités majeures aux acteurs économiques affirmait Gilles Babinet*, digital champion de l’Union européenne, en ouverture de l’AWS Summit 2016. Mais aussi des risques forts. Lesquels ? De “forts risques de désintermédiation”.
Qu’est ce à dire ? Le secteur de l’hôtellerie est un secteur qui connaît désormais par coeur ce désenchantement : deux vagues de nouveaux acteurs du numérique l’ont touché de plein fouet : les Booking.com et autres Expedia d’une part, qui ont fait grimper ses coûts de réservation, passant de 10 à 17% en quelques années. Puis vint Airbnb. Et là, ce ne sot plus seulement les marges qui ont diminué. C’est tout le secteur de l’hôtellerie qui subit la fuite des clients vers de nouveaux modèles économiques novateurs.

Dans le même temps, d’autres entreprises ‘classiques’ embrassent le numérique et proposent de nouveaux produits à très forte valeur ajoutée. C’est le cas de General Electric. Son moteur d’avion Leap (créé avec Safran), gavé de capteurs (4000 alors que l’on en trouve 2000 dans un voiture de luxe) connaît un succès peu commun en terme de commandes, et ce alors qu’aucun exemplaire n’ait été mis en production. C’est ce moteur, très économe en énergie, qui va équiper les futurs avions A320neo et A321neo d’Airbus, qui le teste actuellement.

 

Alors, comment mener à bien la transformation digitale dans votre entreprise ?

1. C’est le CEO qui doit mener la transformation digitale

“Il faut une volonté absolue du management” à mettre en place la transformation numérique affirme le digital champion de l’UE. Son point ? Cette transformation n’est pas que technique. Elle touche les business model, et par conséquent les organigrammes. D’où la nécessité d’impulser ces changements à très haut niveau. En clair, c’est au board de pousser et d’appuyer les acteurs internes chargés de mettre en place la transformation numérique.

2. Choyez les “subalternes” qui vont récolter les données

“Il faut embarquer tout le monde, même les gens qui sont habituellement considérés comme des subalternes” explique Gilles Babinet. “Ce sont ces personnes qui sont positionnés sur le front desk de l’entreprise et ils prennent une nouvelle valeur parce que ce sont eux qui sont chargés de créer de la donnée pour l’entreprise”. Centres de relation client, personnel d’accueil, releveurs de compteurs ; c’est ce personnel de l’entreprise qui va alimenter en données le SI. Donc leur management et leur formation à une logique data-centric est “capital”.

3. Prendre en compte le temps court et le temps long

Mettre en place la transformation digitale exige de prendre en compte deux logiques temporelle. D’une part le temps long, période de transition globale vers les nouveaux businees models et leurs outils. Et surtout le temps court : il s’agit là de l’ensemble des petites expérimentations qui permettent de réaliser des quick wins. Un temps capital, destiné à réduire les incertitudes, créer de la confiance par de petits projets réussis, et encourager les équipes.

4. La révolution numérique ne fait que commencer

Enfin, Gilles Babinet avertit : la révolution digitale ne fait que commencer, et si les premiers changements induits par la numérisation commencent à être perçus, le plus gros de la révolution reste à venir. Trente ans après l’arrivée de la norme TCP-IP, nous ne voyons que les prémisses des changements qui viennent.

 

*Guillaume Serries est journaliste spécialisé dans l’informatique professionnelle depuis plus de 10 ans. Il travaille sur le rôle central de la DSI dans l’évolution de l’entreprise, et tout particulièrement sur les notions de gouvernance.

 

Edité par Guillaume Serries, zdnet

Source : zdnet.fr

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