Difficile de parler d’investir en période de crise et d’accroissement du nombre d’exploitations agricoles en difficulté. Pourtant, il faut avoir des outils de travail qui fonctionnent. Les agriculteurs pensent donc maintenir leurs investissements en 2016, mais avec moins de certitude qu’auparavant. Par obligation ? Sans doute. Et aussi pour une partie d’entre eux avec des capacités de financement plus restreintes.

Intentions d'investissement des agriculteurs dans les six prochains mois.

 

Comme il y a un an, 78 % des chefs d’exploitation agricole prévoient de réaliser au moins un investissement d’ici six mois, selon le Baromètre agricole Terre-net BVA (1). Par contre, ils ne sont plus que 29 % à en être certains, contre 35 % en janvier 2015 et 41 % en mars 2011. La tendance sur près de cinq ans affiche donc un léger infléchissement des intentions d’investir.

Bref on continue d’investir mais sans doute souvent par obligation (par exemple pour remplacer un matériel) et en cherchant à s’en passer si c’est possible. Beaucoup de fournisseurs confirment d’ailleurs les difficultés de paiement ou la hausse des demandes de solutions de financement. Les principaux investissements portent aussi sur l’agrandissement ou l’amélioration de l’exploitation (terres et bâtiments).

Trois domaines sont ainsi privilégiés pour ces achats. Premièrement, le remplacement d’un matériel existant sur l’exploitation, à 32 % par de l’occasion et à 25 % par du neuf, en hausse par rapport à début 2015. Un effet de la loi Macron permettant de sur-amortir certains équipements agricoles pour réduire les impôts ? 31 % des projets visent l’acquisition ou la location de nouvelles terres, 25 % l’extension ou la modernisation des bâtiments.

18 % des agriculteurs projettent d’acheter un matériel non présent sur la ferme et 18 % de la génétique animale. 17 % pensent acquérir des outils informatiques, par exemple un logiciel de gestion, de gestion parcellaire ou un GPS et 14 % vont investir dans la diversification. Seuls 8 % envisagent de créer un nouvel atelier d’élevage ou d’augmenter la taille de leur cheptel (contre 13 % l’année dernière).

(1) Sondage réalisé du 1er au 20 octobre 2015 par internet, auprès d’un échantillon de 427 agriculteurs professionnels connectés, âgés de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : région et orientation principale de l’exploitation (grandes cultures/polyculture-élevage/autres : viticulture-arboriculture maraîchage). Source : RGA 2010.

 

Edité par Pierre Boiteau

Source : terre-net.fr

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