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Vous avez dit digital ?

En 2015, le mot à la mode dans toutes les DSI est le suivant « digital ». Transformation digitale, projets digitaux mais que veut bien vouloir dire ce mot ? On comprend souvent mal la digitalisation car on se dit que c’est le nouveau terme marketing pour dire informatique. Alors, il y a certes du marketing qui s’est greffé autour. Mais il y a aussi et surtout un nouveau SI qui se met en place.

Pour simplifier la chose, nous allons parler de ce qui nous touche le plus aujourd’hui dans notre quotidien. Votre smartphone permet aujourd’hui de contrôler votre maison, vos différents ordinateurs sont tous synchronisés entre eux : fond d’écran, préférence utilisateur, favoris et même documents. Votre frigo peut vous dire quoi acheter, votre montre suit vos constantes médicales et votre lit détermine vos cycles de sommeil. Derrière ces progrès technologiques, vous savez qu’il se cache en fait des applications mobiles, des applications cloud, du big data, des objets connectés ou intelligents. Vous vous rendez bien compte que votre vie est très connectée. En réalité, si vous étiez une entreprise vous seriez très digital !

Car, oui le digital pour une entreprise c’est ça. On a souvent dit que le monde de l’entreprise n’avançait pas vite sur le plan technologique. Si la plupart sont maintenant sur les réseaux sociaux, peu ont néanmoins des applications mobiles, des moyens de communiquer aussi rapides et instantanés que les particuliers. Peu vous propose des objets connectés en lien avec leurs produits. Oui les entreprises sont encore loin de la population au niveau des nouvelles technologies. En 2014, IE8 c’était encore 17% de part de marché, pas mal pour un navigateur lancé en 2009. Les entreprises aujourd’hui on beaucoup de retard à rattraper et leur manière de ne plus être ringard dans le monde des technologies est de passer par la transformation digitale (ou parfois aussi appelée transformation numérique, mais admettons-le, ce terme fait moins vendeur). L’objectif est d’utiliser ces nouvelles technologies pour être plus productif et avoir des services de meilleures qualités auprès des utilisateurs. Si vous pensez que c’est ce que vous faite déjà depuis 30, vous avez raison. Cependant il ne s’agit pas seulement de gagner plus d’argent. Pour certains secteurs, il s’agit de survie. Le cas très médiatique mais très révélateur de Uber et des taxis permet de savoir ce qui se passe quand un secteur d’activité n’évolue plus. Il se fait remplacer par un autre. Et les utilisateurs ne se sont jamais montré aussi exigent qu’aujourd’hui !

Retour sur le passé

Il y a déjà eu de grandes révolutions dans les systèmes d’informations des entreprises. A commencer par l’arrivée de l’informatique. Mais il y a surtout eu l’arrivée de nouvelles façons de composer son système d’information. Du mainframe à l’architecture clients-serveur, le web 2.0, le BYOD ou encore le cloud computing ont apporté à la DSI du bon comme du mauvais. Le digital est fait pour permettre à l’entreprise d’être plus proche de ses clients, d’être plus efficace dans ses processus avec les nouvelles technologies. C’était aussi le cas du cloud computing, qui a permis au métier d’avoir des applications faciles et rapides à déployer. Idem pour BYOD, l’objectif est de permettre aux employés d’avoir un appareil avec lequel ils se sentent plus performant. Le web 2.0 qui a permis au métier d’avoir toujours plus de contact avec le client. L’architecture clients-serveur a rendu possible la création de plus en plus d’applications afin de rendre l’entreprise plus productive. Chaque grande révolution du système d’information à donc à chaque fois apporté quelque chose au métier, aux différents acteurs du système d’information ou au client. Parfois même aux trois en même temps. Aujourd’hui, nous pouvons rajouter à cette liste de mouvement qui ont transformé le système d’information, le digital.

Les conclusions du passé

Toutes les évolutions ou révolutions dont nous avons parlé plus haut ont apporté de nombreux bénéfices au système d’information, mais tous ont eu aussi leurs mauvais côtés, leur côté sombre, en provoquant du shadow IT. Passer du système mainframe au client serveur par exemple implique que les utilisateurs ont des terminaux plus puissants, où l’installation d’application fournis par la DSI ou non est possible. C’est encore pire avec le BYOD car l’utilisateur est forcément maître de sa machine et peut donc installer absolument tout ce qu’il veut comme application pour l’aider dans la réalisation de ses processus. Le web 2.0 a fait émerger un grand nombre de site web piloté exclusivement par le métier sans même que la DSI ne soit au courant de leur existence. Le cloud computing à pousser le vice encore plus loin en permettant l’externalisation de solutions complexes encore une fois totalement conduit par le métier sans forcément avoir besoin de consulter la DSI. Comme on peut le voir, toutes les évolutions citées ont eu un impact plus ou moins fort sur le développement du Shadow IT. La question que l’on peut donc se poser sur la digitalisation n’est pas si oui ou non elle va provoquer du Shadow IT. Mais à quel point va-t-elle le faire et comment la DSI va pouvoir lutter contre ou vivre avec.

Il existe encore une autre possibilité, celle que la digitalisation à l’extrême des entreprises bouleverse tellement le paradigme actuel que le shadow IT n’existera plus. Pour la simple et bonne raison que la DSI elle-même n’existera plus. Si on parle de IaaS (Infrastructure as a Service), PaaS (Plateforme as a Service), SaaS (Software as a Service), DaaS (Data as a Service) et BaaS (Business as a Service), aujourd’hui le terme DSIaaS (DSI as a Service) a fait son apparition. Ce terme signifie que l’informatique au même titre que l’électricité devient une commodité pour l’entreprise. Qu’il n’y aura donc plus que des assistants pour conseiller le métier sur le choix de solution externe. Cette tendance se confirme par de plus en plus d’articles qui considèrent l’informatique et se synthétisent en une phrase : « IT doesn’t matter » écrite par Nicholas G. Carr dans un article datant de déjà plus de 10 ans. Cette tendance est la même confirmée par Peter Hinssen dans son livre « The New Normal » sortie en 2010 qui explique que l’informatique devient une norme pour l’utilisateur final et qui se sent donc compétent pour s’outiller lui-même au niveau IT.

La question que l’on peut donc se poser sur la digitalisation n’est pas si oui ou non elle va provoquer du Shadow IT, mais à quel point va-t-elle le faire. Va-t-elle-même le transformer au point que le terme de Shadow IT sera désuet et remplacer par une autre shadow activité comme le shadow achat qui consiste à acheter des solutions sans passé par le service achat. Demain comment la DSI va-t-elle pouvoir lutter contre le shadow IT ou vivre avec ?

 

Source : alm.developpez.com

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